La ministre de l'Environnement poursuit son tour de France des routes solaires. Elle faisait escale, ce lundi 24 octobre 2016, dans l'Orne, département où sont assemblées les dalles photovoltaïques Wattway, pour visiter l'usine et lancer les travaux d'un nouveau tronçon.

Ségolène Royal a prévu que 1.000 km de voies pavées de dalles solaires seraient en service en 2021. Afin de développer cette technologie, elle multiplie les opérations aux quatre coins de la France. Trois petits démonstrateurs technologiques existaient déjà à Grenoble, Chambéry et Magny-les-Hameaux, dans des implantations de l'Ines-CEA et du groupe de travaux publics Colas. Deux autres installations avaient ensuite été inaugurées à Marseille et la Roche-sur-Yon. Aujourd'hui, la ministre de l'Environnement retourne aux sources : à l'usine SNA (Société Nouvelle Areacem), qui produit les dalles photovoltaïques durcies Wattway, pour le compte de Colas. Une aubaine pour l'entreprise qui connaissait des difficultés et que ce nouveau marché a sauvé.

 

Collecter une énergie gratuite, sans impacter les paysages

 

 

A Tourouvre, dans l'Orne, elle a également lancé les travaux d'une portion de route solaire, rappelant au passage qu'un kilomètre de voie photovoltaïque est capable de produire suffisamment d'électricité pour couvrir la consommation de 5.000 personnes. La productivité des panneaux posés au sol atteint les 15 %, un chiffre finalement assez peu éloigné des 18 % retrouvés sur les installations de toiture. La durabilité des capteurs routiers a été testée en laboratoire et validée pour 1 million de passages de véhicules (y compris poids lourds), soit une durée de vie estimée à 15 ans, tandis que leur installation ne nécessite pas de détruire la chaussée mais seulement de les coller en surimposition. Leur impact esthétique est nul, tout comme celui sur l'adhérence de la chaussée, le revêtement étant granuleux.

 

 

Forte de ce constat, Ségolène Royal a demandé que de nombreux sites soient équipés dans les cinq ans, en priorité des traversées d'agglomération et des bandes d'arrêt d'urgence où la circulation est moins intense. Il est prévu qu'après des campagnes de tests opérationnels, différentes hybridations puissent être déployées (notamment en récupérant l'énergie thermique emmagasinée par les routes). Les solutions les plus prometteuses seront sélectionnées et un cahier des charges techniques permettra aux maîtres d'ouvrage de passer des marchés pour la réalisation de routes. Des collectivités et gestionnaires de voirie pourront notamment répondre à un futur appel à propositions. Au mois de mars, Ségolène Royal déclarait déjà : "La route solaire s'inscrit pleinement dans les engagements de la France pour la réduction des gaz à effet de serre, elle a été saluée d'un coup de cœur à la COP21. Ce programme conjugue technologie française, innovation et emploi de la croissance verte". Les 1.000 km de voies solaires pourraient, théoriquement, alimenter plus d'un million de foyers ou rendre autonomes énergétiquement de nombreux équipements de sécurité routière (éclairage, signalétique, capteurs de trafic…).
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