Le CEA et son alter-ego marocain, Masen, ont signé un accord portant sur deux projets dans le domaine de l'énergie solaire. Les deux partenaires avaient déjà mis en place un programme de recherches commun en 2015.

Un an après le lancement de recherches communes, le CEA français et l'agence marocaine pour l'énergie durable (Masen) ont signé un contrat de collaboration pluriannuelle d'une durée de 4 ans. Il porte sur différents sujets, notamment dans le domaine de la gestion des réseaux électriques, du stockage d'énergie grâce à l'hydrogène ou des réseaux de froid. Mais ce sont surtout deux projets relatifs au solaire qui seront menés par les deux partenaires.

 

Le premier vise à mettre au point une technologie de dessalement de l'eau de mer grâce à cette énergie, en définissant un schéma de couplage optimal et une stratégie opérationnelle. Un avant-projet sommaire (APS) de la partie dessalement et une pré-étude en relation avec des fournisseurs de matériel doivent conclurent le travail. Le CEA précise qu'un "outil de pré-dimensionnement sera développé et fourni" et que le cas particulier de serres solaires, où l'eau douce servira à irriguer les cultures, sera examiné. Le second projet visera à développer une plateforme dédiée à l'étude de la durabilité des systèmes solaires thermodynamiques. "Masen et le CEA développeront des méthodes et des outils pour mesurer la durabilité des matériaux et des composants", annoncent-ils. Ils s'appuieront notamment sur l'observation de la centrale géante Noor 1, inaugurée au mois de février à Ouarzazate. De son côté, le CEA contribuera grâce à son expertise dans la R&D de systèmes innovants, et dans les méthodes d'essais.

 

La (thermo)dynamique du solaire

 

Les deux programmes seront financés à hauteur de 1,73 M€ dont 1,4 M€ pour la plateforme d'étude sur le solaire thermodynamique. En novembre 2013, le SER et l'Ademe avaient réuni les acteurs de ces technologies afin d'évoquer les débouchés possibles à l'international pour les industriels français. Selon l'Agence internationale de l'énergie, le solaire thermodynamique devrait produire 11 % de l'électricité mondiale en 2050, soit 5.000 TWh, l'équivalent de la consommation de courant des Etats-Unis. Alexis Gazzo, auteur d'une étude pour le cabinet de conseil Ernst & Young, estimait que les entreprises françaises pourraient capter 10 % du marché mondial, pour espérer 1 Mrd € de chiffre d'affaires et créer 20.000 emplois en 2020, puis 2 Mrds € et 50.000 postes en 2050. Schneider Electric, avec le concours de l'Ines (Institut national de l'énergie solaire notamment animé par le CEA), avait présenté le concept Microsol de petite centrale solaire thermodynamique déployable en Afrique.
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