Les élus régionaux et départementaux des Hauts-de-France ont proposé le 12 septembre 2017 au Gouvernement de reprendre la responsabilité du projet du Canal Seine-Nord, soumis comme les autres projets d'infrastructures de transports à la "pause" décrétée par le gouvernement.

Les élus locaux font le forcing pour sauver le canal Seine-Nord-Europe. Les conseillers régionaux et départementaux des Hauts-de-France ont proposé le 12 septembre 2017 au Gouvernement de reprendre la responsabilité du projet du Canal Seine-Nord, soumis comme les autres projets d'infrastructures de transports à la "pause" décrétée par le Premier ministre Edouard Philippe en juillet 2017.

 

Régionaliser le projet

 

La solution pour faire avancer le projet "est que nous prenions nous-mêmes la responsabilité et la direction du canal", a annoncé le président (LR) du conseil régional des Hauts-de-France, Xavier Bertrand, lors d'une conférence de presse organisée avec ses homologues des départements du Nord, du Pas-de-Calais, de la Somme, de l'Oise et de l'Ile-de-France.

 

Les élus souhaitent que "cet établissement public, qui est aujourd'hui un établissement public d'Etat, (...) ne soit plus piloté par l'Etat mais par les collectivités locales, qu'il soit régionalisé", a-t-il détaillé à l'issue d'une rencontre avec les ministres des Transports, Elisabeth Borne, et de l'Action et des comptes publics, Gérald Darmanin.

 

Par ailleurs, ces élus ont "confirmé" leur proposition faite en juillet, de prendre le relais financier de l'Etat jusqu'en 2019 pour permettre le démarrage du projet.

 

Rappelons que le Premier ministre Edouard Philippe avait pointé du doigt le problème de l'emprunt de 776 millions d'euros, dont, avait-il dit, "nul n'a proposé de prendre la garantie et dont personne n'a identifié la recette affectée qui permettrait de rembourser le capital".

 

Les élus ont demandé la réunion d'un groupe de travail "dès la semaine prochaine, pour voir dans quelles conditions on est capables d'opérer cette transformation juridique", avec un rendu "pour la mi-octobre".

 

Ils demandent aussi au Gouvernement de garantir le milliard d'euros qu'il doit verser pour ce projet, et que la recette qui sera affectée au remboursement de l'emprunt ne leur soit pas imposée.

 

"Le montage financier du projet n'est aujourd'hui pas totalement bouclé", le Gouvernement

 

Dans un communiqué commun, les ministres Elisabeth Borne (Transports) et Gérard Darmanin (Comptes publics) ont rappelé que le montage financier du projet "n'est aujourd'hui pas totalement bouclé", saluant "les premières propositions formulées par les collectivités afin de parvenir à une solution, notamment sur la garantie des emprunts de la société de projet".

 

En novembre 2016, un accord de financement avait été conclu, répartissant l'effort entre l'UE (1,8 milliard), l'Etat (1 milliard), les collectivités (1milliard) et un emprunt public (0,7 milliard).

 

Ce canal long de 107 kilomètres entre Compiègne (Oise) et Aubencheul-au-Bac (Nord), a pour vocation d'être le maillon manquant entre la Seine et le réseau fluvial de l'Europe du Nord, pour le transport de marchandises entre les pays du Bénélux et la région parisienne.

 

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