Pour moins de 110.000 euros, il est possible de se porter acquéreur d'un abri militaire semi-enterré, datant des années 1930, situé sur les hauteurs de Cherbourg (Manche), et blotti derrière des murs de béton armé de 3 mètres d'épaisseur. S'il n'est pas possible d'en faire un habitat troglodytique, l'actuel propriétaire suggère d'autres usages possibles à ce bien si particulier.

Les survivalistes et les producteurs de champignons doivent être sur les rangs : un véritable bunker, vestige de l'Entre-deux-guerres, est à vendre sur le site LeBonCoin.fr. Et le moins que l'on puisse dire c'est que l'actuel propriétaire n'est pas avare en détails : l'abri semi-enterré, qui possède deux niveaux, a été construit entre 1933 et 1938, pour la Marine nationale qui souhaitait disposer de réserves de combustibles pour ses bâtiments stationnés à Cherbourg. Situé sur les hauteurs de la ville, à quelques kilomètres de la rade, l'écoulement du carburant aurait pu se faire même en l'absence de pompes et de courant électrique, par simple gravité.

 

L'annonce précise : "Emprise au sol de 25 mètres de façade et de 10 mètres en profondeur et environ 10 ou 12 mètres de hauteur". Elle mentionne également : "Le site est équipé des réseaux eau et défense incendie" et "local sans transfo mais avec un branchement électrique EDF". Quelques travaux sont donc à prévoir. Mais pas question pour autant d'en faire une coquette résidence : la mairie a refusé la transformation en habitation, et le terrain avoisinant, de plus de 13.000 m² (avec miradors et clôture en béton cellulaire, s'il vous plaît), est inconstructible car implanté en zone A du PLU. "Néanmoins la zone U est à 80 mètres", assure le vendeur.

Transformation en cave à vin ?

Balayant les difficultés administratives, il estime que la relique de béton armé pourrait servir de hangar de stockage pour des (petits) bateaux ou de local d'activités. Bonne nouvelle : "L'ouverture de la porte permet l'entrée de véhicules". L'actuel propriétaire propose même d'autres pistes : "Exemple mettre des panneaux solaires pour revendre de l'énergie à EDF". Mais d'autres caractéristiques devraient intéresser les potentiels acquéreurs : "La température d'environ 13 °C est constante grâce à l'épaisseur des murs d'environ 2,80 à 3 mètres (…) et aux trois conduits de la dalle de toit en terrasse faisant appel d'air". De quoi conserver des bouteilles de vin dans des conditions climatiques stables ou assurer la croissance de champignons à l'abri de la lumière.

 

Reste que les acheteurs devront débourser 109.000 € pour jouir de ce morceau du patrimoine de l'histoire militaire locale qui a survécu à la Deuxième guerre mondiale, malgré sa proximité avec le complexe souterrain de Brécourt, dont la transformation par les Allemands en base de lancement de V1 avait été interrompue par le Débarquement allié.
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