L'Assemblée nationale a voté une enveloppe de 35,7 milliards d'euros pour mener à bien toutes les missions du ministère de l'Environnement en 2017 (énergie, mobilité, écologie). Parmi les priorités affichées, la mise en œuvre effective de la loi de Transition énergétique, la prévention des risques naturels et l'entretien du réseau routier.

Les crédits budgétaires du ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer seront en hausse en 2017 : ils passeront ainsi à 35,7 Mrds € (+7 %) afin de "soutenir la dynamique écologique et économique" lancée par l'adoption de la loi de Transition énergétique pour la croissance verte, voilà un an. A deux jours de l'application de l'accord de Paris signé à l'issue de la COP21, Ségolène Royal a défendu "un budget pour consolider le rôle de la France comme chef de file de la croissance verte et de la croissance bleue, à tous les niveaux".

 

Dans le détail, la "transition énergétique" se taille la part du lion, avec 14,1 Mrds € (soit 39,5 % du total) devant les "mobilités durables" avec 9,3 Mrds € (26 %) et les "régimes sociaux" (4,9 Mrds € ; 13,7 %). Viennent ensuite les questions liées à "l'eau et la biodiversité" (2,9 Mrds € ; 8,1 %) et la "recherche & l'innovation" (2,4 Mrds € ; 6,7 %). Le reste de cette enveloppe se répartit entre les missions de "soutien" (900 M€), de "prévention des risques" (700 M€) et "d'économie bleue" (500 M€). Cette dernière, conceptualisée par l'économiste Gunter Pauli, s'appuie sur la valorisation de ressources disponibles localement, sur les principes d'une économie circulaire, plus durable que l'économie "verte", parfois réservée à une élite.

 

Transition énergétique, sureté nucléaire et travaux routiers

 

Le ministère de Ségolène Royal affiche trois grandes priorités pour 2017 : la participation à la mise en œuvre des objectifs poursuivis par la loi de Transition énergétique et celle de Reconquête de la biodiversité, la prévention des risques naturels et la préservation des moyens financiers pour la sécurité nucléaire, enfin, la stabilisation des crédits d'entretien routier. Il souligne les principales évolutions enregistrées depuis 2012, date de l'élection de François Hollande : pérennisation des engagements de l'Ademe, du crédit d'impôt et du soutien au secteur des renouvelables, affectation d'une part de la taxe intérieure de consommation sur les produits énergétiques à l'Agence de financement des infrastructures de transport de France, et un processus de regroupement immobilier des services de l'administration centrale sur le site de la Défense.

 

Le député socialiste Christophe Bouillon, déclare avoir appuyé ce budget "qui accompagne la dynamique de transition énergétique", incorporant la poursuite du crédit d'impôt dédié (CITE). L'élu n'a exprimé qu'un regret, celui de l'absence d'un prix plancher du carbone. Du côté du Front de Gauche, Patric Carvalho déplore une situation qui se détériore pour les transports et les énergies renouvelables : "Malgré toutes les bonnes intentions affichées, les moyens ne sont pas à la hauteur". Les députés du centre et de la droite (UDI et LR), n'ont pas voté ces crédits. Martial Saddier a notamment ironisé sur "la hausse artificielle de 7 %" en modifiant le périmètre considéré.

 

Un million d'emplois liés à la transition écologique

 

Du côté de l'emploi, le ministère de l'Environnement anticipe de nombreuses créations d'emplois dans les trois ans, grâce à la fameuse croissance verte : pas moins de 75.000 postes liés à la rénovation énergétique des bâtiments, plus 25.000 dans les opérateurs de la filière des renouvelables. Au total, tous les métiers liés à la transition écologique pourraient représenter 1 million d'emplois. "Pour soutenir ce développement, le budget 2017 prévoit une augmentation de 1 milliard d'euros pour les énergies renouvelables ou la poursuite des investissements d'avenir", précise une fiche de synthèse qui rappelle que 60 % des investissements du PIA3 seront consacrés à la transition énergétique. Ils seront financés par les obligations vertes que la France prévoit d'émettre.

 


=> Découvrez dans les pages suivants, le budget alloué ministère par ministère et la date de l'examen des missions à l'Assemblée nationale.
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