PROGRESSION. La Fédération des magasins de bricolage et de l'aménagement de la maison (FMB) ainsi que l'Union nationale des industries du bricolage, du jardinage et de l'aménagement du logement (Unibal) ont annoncé les résultats de leur marché pour l'année 2017. Bilan : avec un chiffre d'affaires de 26 milliards d'euros, soit une progression de 1,9%, la reprise du secteur est confortée.

"Notre marché enregistre une progression exceptionnelle." C'est par ces mots que Frédéric Sambourg, président de la FMB, a salué les résultats 2017 du secteur du bricolage le 23 mai 2018. La profession a effectivement enregistré un chiffre d'affaires de 26 milliards d'euros l'année dernière, confortant ainsi sa place de premier marché de l'équipement des foyers. Or, depuis la crise financière de 2008, la tendance n'était plus vraiment au beau fixe. Mais la reprise amorcée en 2016 semble se confirmer, notamment grâce aux ventes de logements anciens en France métropolitaine (de l'ordre de 968.000), une situation qui doit aussi être mise en parallèle avec une hausse de la confiance des ménages, même si parfois leurs budgets de rénovation peuvent être contrits. "Un exemple de frein à la progression du secteur est la tendance minimaliste que l'on constate dans la peinture, avec une mode de plus en plus répandue des murs blancs", explique Juliette Lauzac, chargée d'études FMB et Unibal. "Il faut aussi prendre en considération la prépondérance du marché de particulier à particulier, de l'achat malin, porté par des sites populaires comme le Bon Coin."

 

Les GSB dominent, les pure players percent

 

Quant aux GSB (Grandes Surfaces de Bricolage), elles représentent toujours 77% des ventes du marché (+1,1%), pendant que les négoces progressent de 3,4%, ce qui leur permet d'afficher une part de marché (PDM) de 15%. Les acteurs du e-commerce, ou pure players, se démarquent en bondissant de 20%, bien que leur PDM demeure très faible (3%). "Nous ne pouvons que nous réjouir de ces résultats positifs dans un marché en pleine transformation", assure Jean-Eric Riche, président d'Unibal. En effet, la filière a connu une actualité assez dense, avec des opérations de rapprochement et de réorganisation. A l'heure actuelle, les deux enseignes GSB dominant le marché sont d'une part le groupe Adeo (Bricoman, Leroy Merlin, Weldom), et d'autre part le groupe Kingfisher (Brico Dépôt, Castorama). Des GSB qui se fixent pour objectif d'offrir une palette de produits et de services toujours plus large au consommateur.

 

Dans le détail des rayons, on notera que le Chauffage enregistre une augmentation de 9,6% (porté par la hausse des climatiseurs et des combustibles, à commencer par les poêles à granulés), les Revêtements de 3,4%, et le Bois & Menuiserie de 3,1%. A l'inverse, le rayon Décoration baisse de 0,7%, celui de la Peinture-Droguerie-Colles de 2,4%, et celui de l'Electricité de 2,6%. L'outillage à main recule au profit de l'électroportatif et de l'équipement à la personne, entraîné par la dynamique des déménagements mais aussi par la volonté des consommateurs de mieux se protéger. Dans le bâtiment, le segment cloison/isolation profite de l'expansion des aménagements et des équipements.

 

Guerre des prix et manque d'innovation

 

Le marché du bricolage a donc été marqué en 2017 par une forte progression, soutenue par un secteur de l'immobilier tonique. Les prévisions pour le 1er quadrimestre 2018 restent stables par rapport à l'année dernière, avec une très légère baisse de 0,1%. "Il faut cependant rappeler que notre marché reste très météo-dépendant", souligne Frédéric Sambourg. "Le bricolage se définit comme un mode projet, c'est-à-dire une solution globale comprenant une multitude de produits répondant à un besoin spécifique. Aujourd'hui, on constate un arbitrage budgétaire et une lecture du prix qui n'ont jamais été aussi simples pour le consommateur. Cela a nécessairement un effet conjoncturel, et par là un impact sur les prises de risques, moins nombreuses pour des mises en marché de nouveaux produits. Il s'agit là d'un changement de comportement lié à la demande du consommateur." Et Jean-Eric Riche de préciser : "La déflation que l'on peut observer dans notre secteur est due à la guerre des prix ainsi qu'à un manque d'innovation. C'est pourquoi nous devons continuer nos efforts pour accompagner les consommateurs dans leurs projets et convaincre ceux qui hésitent à se lancer. Pour ce faire, nous estimons que l'attractivité de l'offre demeure le vecteur de croissance essentiel."

 


MOUVEMENT
Frédéric Sambourg a annoncé qu'il quittait ses fonctions au sein de la FMB. Il est remplacé par Marc Ténart, patron de Castorama et de Brico Dépôt, et directeur général France de Kingfisher.

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