EVALUATION. D'après la Cour des comptes, le programme du "Balardgone", dans le quinzième arrondissement de Paris, a été dans l'ensemble bien conduit, malgré un coût qui a dérapé de plus de 20%.

Le regroupement à Balard, dans le sud de Paris, de l'ensemble des états-majors et des organismes centraux du ministère des Armées a été "bien conduit dans l'ensemble" même s'il n'a pas généré toutes les économies escomptées, salue la Cour des comptes dans un rapport publié mercredi 7 février 2018.

 

Ce vaste projet, décidé en 2007 et finalisé en 2016-2017, a permis de rassembler sur un même site 9.500 agents du ministère des Armées, jusque là localisés sur 12 implantations différentes. L'opération, dans le cadre d'un partenariat public-privé (PPP) de 30 ans, "a été correctement préparée et conduite de telle manière que la définition des besoins, le choix du titulaire, la négociation financière et le pilotage de la réalisation des ouvrages donnent matière à satisfaction", note la Cour, même si la procédure "ne s'est pas déroulée sans dysfonctionnements".

 

Un dérapage de 948 millions d'euros

 

Par ailleurs, les différentes phases de regroupement des services à Balard "sont considérées comme une réussite opérationnelle par le ministère des Armées", qui a "pu maintenir à tout moment ses capacités alors même que ses principaux centres de commandement étaient totalement renouvelés", fait valoir le rapport.

 

Le projet Balard "ne respecte toutefois pas sa feuille de route financière", déplore la Cour, qui constate que "des crédits supplémentaires ont été nécessaires" (948 millions, soit 22% du coût global) car les économies réalisées via ce regroupement "se sont révélées inférieures à celles qui étaient prévues". Ainsi la redevance annuelle moyenne du site s'élève à 143 millions d'euros par an, alors que le ministère a dégagé des économies internes estimées à 110 millions par an.


La question du pilotage du PPP par le ministère des Armées

 

A la décharge du ministère, deux de ses sites parisiens (Ilot Saint Germain et Hôtel de la Marine), dont la cession était envisagée pour plusieurs centaines de millions d'euros, n'ont finalement pas été vendus, note la Cour. Au total, le coût global du projet est estimé à 5,8 milliards d'euros. Aujourd'hui, le principal risque porte sur "l'avenir du pilotage du contrat de partenariat par le ministère des Armées", prévient la Cour, qui déplore que l'administration "tende aujourd'hui à effectuer une série de contrôles qui devraient relever de l'opérateur" privé, le groupement Opale (principalement constitué des sociétés Bouygues, Thales et Sodexo).

 

La rapport suggère notamment au ministère de "demander à Opale de mieux exercer son contrôle de terrain" et de "mettre en place une cellule de pilotage de haut niveau en mesure d'orienter et de contrôler l'action des différents intervenants".
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