Alors que le Conseil d'Etat doit examiner ce mercredi le recours du collectif "Vive l'APL" contre la baisse de cinq euros des aides au logement, de plus en plus de bailleurs annoncent remettre en cause leurs projets de construction.

L'inquiétude, et parfois la colère, grandit chez les bailleurs sociaux face aux mesures du Gouvernement pour le logement social et notamment sur la baisse des 5 euros des APL et la baisse des loyers réclamée dans l'article 52 du projet de loi de finances 2018. Bailleurs sociaux, élus et associations de défense des locataires s'inquiètent de ses conséquences. Lors d'une réunion à la fédération des OPH, le 18 octobre dernier, les acteurs du logement social disaient craindre pour leurs finances et annonçaient que dès 2018 près de 122 offices et 82 ESH seraient en déficit.

 

Alors que ce mercredi le Conseil d'Etat doit examiner le recours du collectif 'Vive les APL", de plus en plus de bailleurs annoncent qu'ils préfèrent geler leurs projets de construction. Déjà, lors de la réunion à l'OPH du 18 octobre, le maire de Suresnes expliquait avoir suspendu toutes les opérations de développement et de renouvellement urbain de sa ville. Il expliquait que cette mesure entraînerait une perte de recette qui nuirait à sa capacité d'investir.

 

Des conséquences également sur la rénovation

 

Et les décisions de ce type se répètent. Ainsi, 19 bailleurs sociaux du sud-ouest de la France ont pris la décision de geler tous leurs projets de construction. Le site actu.fr rapporte qu'ils ont pris cette décision "la mort dans l'âme" et donc "décidé de suspendre provisoirement le lancement de nouveaux programmes de logements sociaux et toutes les opérations en VEFA (Vente d'un logement en l'état futur d'achèvement )". Selon eux, il s'agit là de "compenser les ponctions sur le logement social prévues par la loi de finances 2018".

 

Si certains bailleurs n'ont pas arrêté leurs opérations de construction, ils craignent que la mesure gouvernementale impacte leurs projets. Ainsi, Philippe Leloup, président des Résidences de l'Orléanais confie au quotidien La République
: "Il va falloir établir une hiérarchie dans les projets". D'autres bailleurs sociaux et élus avaient aussi expliqué revoir leurs prévisions à la baisse et annoncé qu'ils devraient probablement rogner sur les travaux de rénovation.

 

Si ces annonces ont aussi pour but de mettre la pression sur le Gouvernement, elles risquent d'avoir un impact sur de nombreux acteurs du bâtiment. Et Alain Cacheux, président de la Fédération des offices publics de l'habitat compte bien sensibiliser et mobiliser tous les acteurs concernés pour faire retirer ce fameux article 52, nous avait-il confié le 18 octobre 2017.
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