VU A BATIMAT. Dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes, l'expérimentation E+C- est en train de se traduire dans les faits. Explications avec Karine Lapray, responsable de l'agence de Lyon du bureau d'études Tribu.

Le 7 novembre 2017, au Mondial du bâtiment, l'Ademe et le bureau d'études Tribu animaient une conférence sur le label E+C- (énergie-carbone). L'occasion pour Karine Lapray, responsable de l'agence Tribu de Lyon, de préciser les conditions dans lesquelles cette expérimentation, qui préfigurera la réglementation environnementale 2020, prend progressivement chair en Région Auvergne-Rhône-Alpes (ARA). "Avec E+C-, nous procédons à une co-construction avec les acteurs du secteur de la future réglementation", explique Nicolas Doré, de l'Ademe. "Nous ne devons pas faire une réglementation hors-sol."

 

Tribu est l'un des treize bureaux d'études référents sur ce projet, qui correspondent aux treize communautés régionales engagées pour faire monter les professionnels en compétences dans le cadre de la mission "Objectifs bâtiments énergie carbone" (Obec). "Beaucoup de projets sont en route dans notre région dans le cadre de l'expérimentation", explique Karine Lapray. Soizante-quinze projets ont été sélectionnés fin juin 2017, avec 46 maîtres d'ouvrage engagés. "Vingt projets E+C- ont été livrés ou le seront dans les prochains mois", révèle Karine Lapray.

 

Dans le but de réunir une centaine de personnes, au niveau régional, autour de l'Obec, un blog a été mis en place. L'agenda prévoit une première réunion de la communauté le 7 décembre prochain, une phase de sensibilisation et de formation pour le premier semestre 2018. En parallèle, les analyses du cycle de vie sur le plan carbone seront commencées sur les vingt premières opérations qui seront sorties de terre. Ensuite, un colloque régional est prévu pour l'automne 2018, et un colloque de restitution finale au second semestre 2019.


A l'avenir, des seuils en matière de consommation d'eau et de déchets

 

"C'est une évolution de notre mode de pensée, avec cette ouverture à la dimension environnementale. Cela nécessite une autre manière de travailler, en étant notamment davantage collaboratif entre les différents acteurs", observe Karine Lapray. Plusieurs seuils ont déjà été testés en Région ARA (les quatre seuils énergies et les deux seuils carbone), mais pas encore sous toutes les configurations. "L'objectif de l'expérimentation tient notamment à tester le label sur une diversité de bâtiments", nous informe Karine Lapray.

 

Le principe de créer des communautés régionales a pour but de tenir compte des spécificités locales - par exemple, en ARA, la filière construction bois est particulièrement développée. "Nous opérerons également un suivi des consommations de ces bâtiments", précise Karine Lapray. "En 2025 ou 2030, en plus de l'énergie et du carbone, il y aura probablement des seuils en matière de consommation d'eau et de déchets", a affirmé pour sa part Nicolas Doré, de l'Ademe, pensant d'ores et déjà au coup d'après.
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