Après l’Allemand Stefan Behnisch la semaine dernière, voici le deuxième portrait de notre série d’architectes nominés au Prix de l’architecture durable. Il s'agit de l’Indien Balkrishna Doshi, dernier collaborateur vivant de Le Corbusier. Pionnier de l’architecture durable et à l’origine d’une fondation sur l’esthétique environnementale, il continue à 80 ans à œuvrer pour des habitats collectifs de qualité.

"Life celebrates when lifestyle and architecture fuse" : combiner art de vivre et architecture, habitat bon marché et planification urbaine, l’architecte Balkrishna Doshi, né à Pune (Inde) en 1927, y consacre sa vie. Dès la fin de ses études menées à Bombay et à Londres, il rejoint, en 1951, l’équipe de Le Corbusier pour travailler sur ses projets indiens et supervise lui-même les chantiers du Français à Chandigarh et Ahmedabad.



Face au développement fantastique que connaît l’Inde, villes nouvelles, universités... Tout est à construire et se construit. Balkrishna Doshi participe à l’élaboration de cette Inde nouvelle, indépendante. Il souhaite le lien entre l’architecture moderne et les traditions, les besoins urbains et les habitants. Il monte ainsi sa propre agence en 1956 à Ahmedabad, ville à laquelle il consacre ses premiers projets. Il collabore notamment avec Louis Kahn pour la céation de campus universitaires. Il crée l’Ecole d’architecture de la ville (1962). Mais il ne s’arrête pas aux frontières de la ville : il participe à l’élan du développement de toute la région du Gujurat dont Ahmedabad est l’ancienne capitale. Ecoles, universités, logements pour ouvriers, nombreux bâtiments publics... Il se montre moderne tout en respectant les habitants.

Trait d’union entre modernité et tradition

En 1978, il crée la Vaastu Shilpa Foundation pour la recherche et l’étude du patrimoine environnemental et urbain, l’esthétique environnementale, une fondation pionnière sur la planification urbaine et les logements collectifs à prix modérés. Pour l’architecte, tout s’imbrique. Il ne faut pas s’arrêter à une vision limitée : le local et le global, culture, religion, technologies, climat... L’harmonie doit être la meilleure possible. Et aujourd’hui, à 80 ans, il continue sur sa lancée. Il réconcilie modernité architecturale, architecture organique et nécessités écologiques, en optimisant notamment les ressources et les besoins en énergie. N’a-t-il pas imaginé la ville nouvelle de Vidyadhar, qu’il a théorisée dans un ouvrage intitulé La ville modèle énergétique ?

Un parcours exemplaire

Sa carrière, tant nationale qu’internationale, est exemplaire. Professeur émérite de nombreuses universités en Inde, en Europe ou aux Etats-Unis, juré de concours internationaux, conférencier, il ne se lasse pas de contribuer à faire connaître l’architecture. Et il le fait dans un souci d’ouverture au grand public, souvent oublié, alors qu’il en est le principal intéressé. Pour Benno Albrecht, architecte, "si le débat sur l’architecture durable contemporaine est aujourd’hui si riche dans le monde, c’est parce que des précurseurs comme Doshi ont entrepris ‘d’infléchir’ les puissants flux mondiaux du développement industriel pour les recentrer au service des sociétés, d’en canaliser les effets pour qu’ils irriguent leur culture et leur économie au lieu de les détruire."

Pour découvrir les images des projets de Balkrishna Doshi et de sa fondation, cliquez ici

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