Lancé au mois de février 2016, l'appel à projet "GreenTech - Technologies vertes" prévoit de mettre le numérique et les nouvelles technologies au service des consommateurs en leur permettant de mieux maîtriser leurs dépenses liées à l'énergie. Outre la sollicitation de 37 "jeunes pousses", le ministère a également initié un "hackathon" autour des compteurs connectés et prévoit d'ouvrir un incubateur dédié. Zoom.

Ségolène Royal avait lancé un appel à projets "GreenTech" au mois de février dernier. Alors que les lauréats sont connus depuis quelques jours (voir en page 2), la ministre a souhaité évoquer les autres aspects de cette opération d'envergure, destinée à développer des services de maîtrise de la consommation d'énergie au service des ménages français. Elle a, tout d'abord, remis les diplômes aux lauréats d'un "hackathon" (un événement de programmation collaborative sur plusieurs jours) qui s'est déroulé entre le 20 et le 22 mai 2016, et qui concernait les compteurs communicants.

 

Six solutions connectées distinguées

 

Le premier prix a été décerné au projet Eclipse de sensibilisation et d'éducation aux enjeux de consommation d'énergie. Il s'agit d'une "solution mobile qui incite les utilisateurs du réseau électrique à s'effacer pendant les heures de pointe et qui récompense leurs efforts par l'attribution d'un jeton électronique", précise le ministère de l'Environnement. Le deuxième prix est, pour sa part, allé au projet LeReseau, visant à faire participer ce même usager à l'équilibre énergétique local. La plateforme en ligne met en relation petits producteurs et consommateurs d'énergies renouvelables qui forment ainsi une communauté virtuelle et réelle. "Auprès de cette communauté, nous créons une émulation pour habituer les usagers à consommer l'énergie au moment même où celle-ci est produite par leur voisin", précisent les développeurs. Enfin, le troisième prix a été remis au projet HomePulse qui optimisera la consommation des bâtiments de l'Etat, en recherche d'exemplarité énergétique. Un tableau de bord permettra notamment de prédire les factures, de cibler des actions de rénovation thermique et de qualifier le potentiel d'effacement des pointes. Il modélisera les consommations en intégrant les caractéristiques du bâtiment et la température extérieure.

 

Un incubateur dédié dans l'est parisien

 

Ségolène Royal a également annoncé l'ouverture de l'incubateur "GreenTech Verte", à la rentrée de septembre 2016, à l'Ecole nationale des Ponts & Chaussées à Champs-sur-Marne. Il accueillera tous les lauréats de l'appel à projets des 50 "jeunes pousses" (voir en page 2) dans un écosystème porteur : la pépinière d'entreprises innovantes sera située à proximité du pôle de compétitivité Advancity (ville durable) et de plusieurs établissements publics comme le CSTB et l'IFFSTAR. Rappelons que l'objectif de l'appel à projets, opéré par l'Ademe, entre dans le cadre de l'action Démonstrateurs de la transition écologique et énergétique du Programme des investissements d'avenir. Les petites entreprises, dont le capital est inférieur à 100 k€, seront accompagnées dans leur croissance par un apport de dotation de 50 k€ qui pourra être suivi d'une seconde aide, de 100 k€. Le ministère souligne que les projets sélectionnés "bénéficieront par ailleurs d'un accompagnement à la valorisation économique de leurs résultats" et d'une "mise en relation avec des acteurs dédiés" ou des clients potentiels. Plus de 120 projets ont été déposés avant la clôture de l'appel, le 31 mai dernier (voir page 2). A noter qu'un dispositif spécifique d'accompagnement des femmes entrepreneures est prévu, pour promouvoir une communauté féminine dans les technologies vertes.

 

Enfin, la ministre a reçu des mains de Laurence Monnoyer-Smith, commissaire générale au développement durable, un rapport de préfiguration de la fonction de "superviseur des données". Car la numérisation de la société et la quantité de données générées par les objets connectés entraînent une révolution qui "ne peut se passer d'une politique stratégique (…) afin d'être plus efficace" au niveau de la gouvernance. Le ministère de l'Environnement souhaite ouvrir et valoriser les données détenues, concernant la vie quotidienne des Français : production d'énergie, performance, biodiversité, permis de construire… Le but : encourager la création de nouveaux services numériques utiles au public. En donnant l'exemple, les relevés liés à 18 millions de points de mesure sur 350 bâtiments de l'administration ont été dévoilés, tandis que, d'ici la fin de l'année, les bases de permis de construire seront, elles aussi, mises à disposition. Elles représentent 20 millions de logements ou locaux non résidentiels, une mine d'or pour les développeurs. Afin de garantir la transparence et la concertation, l'exécutif souhaite donc créer une nouvelle fonction, celle de "superviseur général des données" qui sera chargé de développer la culture du data, de favoriser la circulation et la cartographie de ces données et qui devra produire une doctrine commune, en lien avec l'administrateur général, pour ce qui concerne les licences, la stratégie, les modèles économiques et le crowdsourcing. Un vaste chantier.

 

Découvrez en page 2, des lauréats de l'appel à projets "Jeunes pousses - GreenTech"
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