Architecte naval de formation, Jean-Michel Ducancelle a rêvé Anthénea, un concept d'habitat flottant autonome, posé entre ciel et mer. Une construction simple mais durable qui préfigure, selon lui, la maison du 3e millénaire.

Qu'est ce qui est rond, mobile, posé à la surface de l'océan et qui offre la possibilité de vivre au milieu des poissons ? "La soucoupe plongeante du commandant Cousteau !", répondront les plus anciens. Oui, mais pas que. Batiactu avait déjà évoqué la soucoupe flottante UFO, d'origine italienne, alors que voici Anthénea, l'habitat aquatique du 3e millénaire, vu par un Français.

 

C'est l'architecte naval Jean-Michel Ducancelle qui est à l'initiative du projet, connu d'abord sous le nom d'Aqua Studio, dont il reprend tous les ingrédients. La maison flottante adopte - encore une fois - un plan circulaire, afin de maximiser sa stabilité quelle que soit la direction de la houle et du vent. La structure, comprend un salon avec canapé, une chambre avec lit rond et rangements, une salle de bain double vasque avec baignoire et une cuisine panoramique. De quoi abriter les amours de deux tourteaux (l'équivalent des tourtereaux mais en mer, NrlR).

 

Chambre, salon, SdB et kitchenette

 

Mais comment est construit ce nid douillet ? Modulaire et démontable, il ne prend que deux jours à assembler. La coque, en sandwich de polyester à la façon de petites embarcations, fait seulement 50 mm d'épaisseur. La capsule ne pèse donc quelques centaines de kilo à vide, facilitant les manipulations. En charge, en revanche, son poids grimpe à plusieurs tonnes, dont un lest de 1,5 tonne qui lui assure de conserver son assiette.

 

Avec un tirant d'eau de près d'un mètre, "l'Alcôve by the sea" comme la surnomme son créateur, offre même un vitrage sous-marin thermoformé afin d'admirer la faune et la flore environnantes, doté d'un système d'éclairage par projecteurs. Sur le pourtour de la bulle se trouvent douze réservoirs et coffres, destinés à abriter tout le nécessaire. L'alimentation électrique est assurée par cinq panneaux solaires situés sur le dôme et orientés plein sud, reliés à des batteries, tandis que l'eau potable est stockée dans un réservoir de 500 litres. Malgré sa petite taille, l'habitat autonome peut même comporter un dessalinisateur et une unité de traitement des effluents, afin de ne rien rejeter dans le milieu. Les WC disposent d'ailleurs d'un broyeur intégré.

 

Une bulle (immobilière) mobile

 

Anthénea, qui était présenté au Monaco Yacht Show de la fin du mois de septembre 2017, se positionne comme une solution luxueuse, avec plateforme et caillebotis en teck, mobilier recouvert de placages en bois précieux, air conditionné, literie avec bordure en cuir Alcantara et mobilier en béton mince conçu sur mesure. La version de base (Aqua Studio), sans option, était à l'origine facturée 46.000 € en sortie d'usine. Mais l'addition monte vite en améliorant l'ordinaire, notamment en demandant l'installation du dessalinisateur, d'une mini-éolienne ou d'un… poêle à bois.

 

La brochure revendique un habitat "insubmersible, respectueux des écosystèmes" et une confection "100 % made in France". Un premier exemplaire est d'ores et déjà visible à Trébeurden (Côtes-d'Armor), sur la Côte de granit rose, en Bretagne. Son créateur précise que cet habitat s'adresse aux particuliers, mais également aux professionnels de l'hôtellerie. "Anthénea possède tous les atouts pour s'intégrer aux projets architecturaux qui pensent l'habitat flottant de demain (…) Design innovant et confort, livrés dans le monde entier". Atout de la conception modulaire - en douze segments réunis en cercle - il est possible d'imaginer d'autres formes en intercalant des modules rectilignes, afin d'obtenir de véritables joyaux aux multiples facettes.

 

Découvrez Anthénea en images dans les pages suivantes.
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