2016 se confirme comme l'année du "retournement" pour la Fédération française du bâtiment (FFB) avec une reprise de l'activité en hausse de 1,9 % en volume, s'est-elle réjouie ce mercredi. L'occasion pour elle d'anticiper aussi une accélération des marchés en 2017, à +3,4 %, devant permettre de créer 10.000 emplois dont 4.000 intérimaires.

Le retournement, c'est maintenant ? Après huit années de crise, "2016, restera comme l'année du retournement global de tendance avec une activité en hausse de 1,9 % en volume", a qualifié, ce mercredi 14 décembre 2016, Jacques Chanut, président de la Fédération française du bâtiment (FFB). Et ce bilan est meilleur que ses prévisions puisqu'elle avait misé en septembre sur une progression de seulement 1,2% et alors qu'elle anticipait seulement 0,9 % en décembre 2015.

 

"380.000 logements ont été mis en chantier en 2016, conduisant à une hausse d'activité de 7,4 % en volume".

 

"En détails, près de 380.000 logements ont été mis en chantier en 2016, conduisant à une hausse d'activité de 7,4 % en volume", a indiqué la fédération du bâtiment. Trois raisons l'expliquent : le dynamisme des ventes de logements neufs amorcé dès la fin 2014 et qui s'est poursuivi jusqu'en 2016 dans la promotion immobilière comme dans l'individuel diffus ; le niveau historiquement bas des taux d'intérêt ; enfin l'environnement institutionnel "propice", caractérisé par les dispositifs PTZ et Pinel. Pour 2016, "le retournement global de tendance a permis une stabilisation globale des effectifs du bâtiment", indique la FFB.

 

Côté non résidentiel neuf, "tous les segments de marché se sont redressés progressivement, hormis les bâtiments administratifs" mais "compte tenu des délais de production, l'activité affiche une érosion de 1,7 % en 2016", a également commenté la Fédération. Et pour cause, hors locaux agricoles, les mises en chantier affichent une progression de 6,2 % pour atteindre 17,8 millions de m² de surface de plancher. Par segment, la plus forte hausse est à mettre au crédit des bâtiments industriels (+14,3%). Suivent ensuite les bureaux (+7,3%) et les commerces (+6,7%).

 

Le segment de l'amélioration-entretien connaît pour sa part "une nouvelle année atone" avec une progression limitée à 0,5%. "Malgré les puissantes incitations publiques, force est de constater que le segment de la rénovation énergétique peine toujours à décoller", ajoute Jacques Chanut. Autre indicateur encourageant dans le bâtiment : le nombre de défaillances d'entreprises recule de 56 % pour celles de plus de 50 salariés, de 26 % pour celles de 20 à 49 salariés et de 7,3 % pour les plus petites.

 

Quelles prévisions pour 2017 ?

 

S'agissant de 2017, la FFB mise sur la poursuite de cette dynamique et prévoit une croissance de 3,4% en volume grâce à l'accélération de la reprise des constructions neuves (+7%), à même de compenser le faible dynamisme du secteur de l'entretien-amélioration (+0,9%). "On pourrait d'ailleurs enregistrer les 410.000 mises en chantier, soit 29.000 unités de plus qu'en 2016, des chiffres qui pourraient être proche de 2010", ajoute Jacques Chanut.

 

"Mais, ce bon chiffre doit cependant être remis en perspective, notamment au regard de la chute de -21% de l'activité entre 2007 et 2015", nuance-t-il. Malgré tout, la destruction d'emplois dans le bâtiment devrait être moins visible en 2017 affirme la FFB, en faisant référence à la prévision de création nette d'environ 10.000 postes dont 6.000 salariés et 4.000 intérimaires. Cette tendance s'avère donc nette et reste loin des 35.600 emplois disparus en 2014-2015.

 

"L'inconnue des élections présidentielles 2017"

 

"Il reste toutefois l'inconnue des élections présidentielles et législatives qui pourraient amener à la remise en cause des dispositifs d'aide au logement, s'inquiète Jacques Chanut. D'ailleurs, le projet de loi de finances pour 2017, encore en discussion ces jours-ci à l'Assemblée nationale, prévoit la suppression des exonérations systématiques de TFPB (taxe foncière sur les propriétés bâties) accordées aux constructions neuves de logements sociaux." Cette mesure concernerait 40.000 à 50.000 logements sociaux selon l'USH. L'autre menace ? Ce serait une remontée significative des taux d'intérêts des crédits, mais elle se profilerait plutôt en 2018 qu'en 2017. Seul, une mise en œuvre du Brexit pourrait introduire une déstabilisation de ce type.

 

Parmi les questions d'actualité, notamment sur le déploiement de la carte d'identification professionnelle du BTP, Jacques Chanut, interrogé par Batiactu, regrette "ce retard" et reconnaît "être en ce moment avec les entreprises du bâtiment en phase pilote." "A partir du 5 janvier 2017, l'Union des caisses de France (UCF) déploiera par régions les premières des 2,5 millions de cartes prévues", précise-t-il. Annoncé initialement le 5 décembre 2016, le déploiement progressif sera finalement en février-mars vient d'annoncer le ministère du Travail. Depuis le 5 décembre 2016, une quinzaine d'entreprises, testent ce nouveau dispositif.

 

Polémique UFC-Que choisir sur les artisans RGE : la FFB ne souhaite pas réagir


Une semaine après la publication de l'étude de l'association de consommateurs UFC-Que Choisir estimant que les artisans RGE "sont toujours incapables d'avoir une approche globale du bâti et de faire des préconisations cohérentes", Jacques Chanut ne souhaite pas réagir sur ces "épiphénomènes". "Je ne souhaite pas commenter une étude donnant seulement quatre exemples qui fait avant tout vendre du papier", a-t-il ajouté.

 

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