Ce mardi, lors d'une conférence de presse, la Capeb, la FFB, le Cinov et l'Untec ont apporté leur soutien au monde HLM et expliqué quelles seraient les conséquences pour eux de la baisse des APL sur la production de logement mais aussi sur l'emploi. Des solutions existent ont-ils insisté.

Le monde HLM avait prévenu. La baisse des APL et les mesures de l'article 52 du projet de loi de Finances 2018 auront un impact sur de nombreux acteurs. C'est pour cette raison que la Fédération des OPH mobilise depuis plusieurs semaines déjà l'ensemble des acteurs concernés. Après avoir organisé une conférence avec des bailleurs et des élus en octobre, c'est au tour des acteurs de la construction de se mobiliser et de soutenir le secteur du logement social. Ce mardi, Jacques Chanut (FFB), Dominique Métayer (Capeb), Dominique Sutra Del Galy (CINOV) et Pascal Asselin (Untec) étaient réunis au siège de la Fédération des OPH pour évoquer les conséquences d'une telle mesure budgétaire sur la production de logements et sur l'emploi.

 

"Remettre en cause les marchés est irresponsable", Jacques Chanut, Président de la FFB

 

S'il "n'appartient pas au bâtiment de se substituer aux acteurs directement impliqués dans ce dossier, à savoir l'État et les organismes HLM [...] le secteur se doit de tirer la sonnette d'alarme sur les conséquences en termes d'emploi d'un arrêt brutal/immédiat de l'investissement HLM (près de 150.000 emplois directs menacés) et dire, dans le même temps, que la politique du pire n'est jamais la bonne voie", a déclaré Jacques chanut, président de la FFB. "Notre objectif est de défendre nos marchés", a-t-il dit rappelant que quand un pilier s'arrête, ce sont tous les marchés qui sont impactés. Mais, il a surtout insisté sur la nécessité de ne pas "surréagir" en faisant "un chantage aux chantiers". "Ne prenons pas en otage les artisans", a poursuivi Jacques Chanut. "Remettre en cause les marchés est irresponsable", a-t-il déclaré. Un point de vue partagé par Dominique Metayer, vice-président de la Capeb, qui rappelle que les entreprises du bâtiment sont présentes sur tous les territoires, comme celles du logement social. "Les conséquences de restriction seraient difficiles pour les entreprises", estime-t-il. Il en appelle donc à des échanges "pour permettre des avancées", citant en exemple les résultats obtenus sur le CITE grâce à ces échanges.

 

Le monde HLM, un secteur précurseur et moteur

 

Dominique Sutra Del Galy, président de la fédération CINOV, a lui aussi expliqué que les entreprises et métiers de l'ingénierie étaient liés aux investissements et que leur activité était donc lié au logement social. "Notre action est essentielle mais invisible", a-t-il ajouté. Il a insisté sur le fait que le "secteur hlm privilégie systématiquement une approche qualitative en coût global en tenant compte de la performance globale et durable des constructions. Et parce que l'on sait que 90% des coûts de gestion de l'ouvrage sont conditionnés par les traces de conception, on comprend mieux la relation privilégiée qu'entretient le monde HLM avec l'ingénierie", a-t-il précisé. Il en a profité pour rappeler que sur la question énergétique "les HLM ont été précurseurs". Par conséquent, selon lui "la baisse des investissements, si elle se confirmait, fragiliserait de nombreux bureaux d'études d'ingénierie et ainsi la capacité des maîtres d'ouvrage à effectuer des choix de prestation éclairés". Et alors que le Gouvernement entend construire plus, mieux et moins cher, il a aussi rappelé l'importance de l'innovation. Un domaine où là encore, il estime que le secteur HLM est précurseur.

 

L'USH reste ouvert au dialogue

 

Pascal Asselin, économiste de la construction et président de l'Untec, a également tenu à souligner cet aspect précurseur du logement social. "Ce sont des acteurs actifs pour les projets de rénovation thermique" a-t-il notamment expliqué. Et de poursuivre : "En terme d'innovation, de partage d'expérience et de prise en charge, ce sont les plus actifs de toutes la filière bâtiment". Pour Pascal Asselin, "c'est un bel outil bien réglementé" pour lequel il tient à "témoigner des connaissances et des savoir-faire" qui le caractérise.

 

Toutes ses marques de soutien ont été saluées par Frédéric Paul, Directeur général de l'USH, qui en a profité pour dire que le secteur HLM était à la recherche de solutions et d'ouverture. En attendant, des propositions ont été faites et notamment la possibilité de passer la TVA de 5,5% à 10%, ce qui ferait gagner 700 à 800 millions d'euros. "Le choc de l'offre, c'est la production", a martelé pour sa part Jean-Louis Dumont, Président de l'USH. Et même si l'article 52 a évolué, il considère que "de la guillotine on est passé au garrot". Mais ce qui préoccupe Frédéric Paul c'est que cette mesure laisse un sentiment de défiance et un manque de confiance. Enfin, Marianne Louis, secrétaire générale de l'SH, dit garder bon espoir car "l'ensemble des acteurs nous ont montré leur intérêt" et qu'ils sont "conscients des dangers d'une telle mesure pour toute la filière et pour l'emploi". Cette mobilisation fera-t-il bouger les parlementaires ? A suivre.
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