Exit les bureaux répétitifs et industriels ! Désormais, le tertiaire doit séduire et créer l'émotion. Pour ce faire, les architectes déploient des trésors d'imagination. D'ores et déjà, l'on peut avoir un aperçu de ce que seront les bureaux du futur : plus flexibles, plus interconnectés, plus ouverts sur la ville... Découvrez le point de vue de plusieurs architectes.

Comment travaillerons-nous demain ? Dans quelles conditions ? Comment utiliserons-nous nos espaces de travail ? Et comment s'intégreront-ils aux villes ? Les bâtiments de bureaux suscitent de nombreuses interrogations et leur mutation régulière en fait de véritables objets de réflexion. D'autant plus que "les bureaux vieillissent plus rapidement que les logements", analyse Stéphane Theuriau, co-gérant - Président du Directoire Cogedim. Un phénomène qui fait écho aux mutations profondes des modes de travail : co-working, smart working... Résultat : leur agencement, leur physionomie et même leur emplacement changent...

 

La hantise de l'immeuble du salary-man

 

S'il y a quelques années, les groupes s'installaient en périphérie des villes, on observe désormais un retour dans les hyper-centres. "L'emplacement est un atout séduction. Il y a aujourd'hui une hantise de l'immeuble du salary-man", précise Stéphane Theuriau. L'image est donc importante : elle est porteuse d'envie : envie d'aller au travail, envie de bien faire. "Il faut créer de l'émotion et du plaisir", note le concepteur Jean Mas de l'agence 2/3/4 Architecture. Et Jean-Paul Viguier de surenchérir : "Un immeuble de bureau est une œuvre architecturale pleine". Dans ce contexte, plusieurs tendances se détachent parmi elle, l'implantation dans les villes, synonyme d'ouverture sur l'extérieur et donc accessible aux citoyens : "Patios, allées traversantes, grandes baies vitrées… Désormais, lorsque l'on imagine des immeubles de bureaux, il faut penser à ce que cela apporte à la ville", raconte Jean Mas.

 

De leur côté, les intérieurs doivent s'adapter aux occupants et à leur situation : flexibilité des horaires, prise en compte du télétravail… Ainsi, on voit éclore des lieux d'échange informel comme les escaliers ou les terrasses, de nombreux services (coiffeurs, salles de fitness, restaurant…) sont créés. Des tendances qui touchent également les rénovations.

 

Restructuraiton créative

 

En effet, avec le phénomène de retour en hyper-centre, les restaurations se multiplient : "Chaque lieu a une mémoire et le but est d'en tenir compte tout, sans oublier de donner une nouvelle vie au site", souligne Jean-Paul Viguier. Plusieurs réhabilitations de ce type se déroulent actuellement à Paris. Par exemple, l'agence de Franklin Azzi vient de livrer la réhabilitation d'un immeuble du 6ème arrondissement adaptée à la conception bioclimatique. De même, Dominique Perrault a réinventé les tours Pascal à La Défense. Au programme : brise-soleil et végétalisation. Autant d'exemples, preuves d'un marché foisonnant, et innovant. "Avec les bureaux, à chaque fois, il s'agit d'un prototype, d'une œuvre sur-mesure", conclut l'architecte Jean Mas. Ce qui promet encore quelques belles réalisations…

actionclactionfp