UN PROJET/ UNE PARTICULARITE. Dans le 15ème arrondissement de Paris, l'alchimie entre un promoteur et des architectes a permis de créer un immeuble de 16 logements dans un contexte urbain bien particulier. Coincé entre un bâtiment des années 70 et un faubourg haussmannien, il forme une véritable transition entre deux univers. Visite.

"Je ne savais pas à quoi pense un architecte quand ce qu'il doit faire s'intercale entre d'un côté un immeuble du 19ème siècle, de l'autre un immeuble des années 70 : tout ce qu'il envisage, essaie, écarte, choisit enfin, pour que l'œil voyage sans heurt d'un bout de la façade à l'autre. En suivant ces chantiers, le nôtre et celui du 33, j'ai appris à mieux voir - enfin, un tout petit peu mieux", Emmanuel Carrère, écrivain qui a préfacé le livre sur le 33 rue du Docteur Roux à Paris, dresse ici la problématique du programme, situé dans le 15ème arrondissement de Paris. Pris entre deux tissus urbains, le projet a du se jouer des contraintes pour les déjouer.

 

Corseté sur une parcelle étroite de 360 m2, l'immeuble a dû faire face à un autre détail : celui de l'angle en retrait avec la construction voisine, le campus de l'institut Pasteur. Mais les architectes de l'agence Log ont su tourner ces singularités en atouts en érigeant un pignon visible sur plus d'une centaine de mètre. "Notre objectif était d'offrir une continuité au site tout en respectant l'alignement classique parisien", analyse l'architecte Thomas Saint-Guillain. Et pour assurer progressivement cette transition, le choix s'est porté sur une façade en briques alternant des teintes claires et foncées. Et petite originalité : des plaques inox polymiroir ont été posées d'un côté de la façade. Selon l'architecte, elles "reflètent le contexte et font du bâtiment un caméléon racontant un moment de l'architecture" du lieu. D'ailleurs, elles s'intègrent parfaitement au paysage et forment des sortes "d'ouïes". Une particularité esthétique, mais pas seulement. Elles permettent aussi d'ouvrir les fenêtres en angles, en déjouant la condition mitoyenne qui interdit les vues directes.

 

Évolutivité du plan
Le programme, qui se déploie sur 1.319 m2, abrite des bureaux, des commerces et des logements dont quelques-uns sont sociaux : une volonté du maître d'ouvrage, l'opérateur immobilier Quanim, de faire de la mixité. La particularité du plan a été de penser en amont aux possibles évolutions des étages. Ainsi, il y a peu de points porteurs afin de pouvoir réunir un jour deux appartements pour en faire un plus grand. "Certaines cloisons sèches peuvent être facilement abattues afin de faire évoluer les appartements et/ou les surfaces", souligne Thomas Saint-Guillain. Quant aux intérieurs, ils présentent l'intérêt de disposer de grandes baies vitrées filant sur toute la largeur des pièces, y compris pour les studios, et dégagent ainsi des vues et de la profondeur.

 

Une première !
Au final, le programme a séduit puisque les 16 appartements ont rapidement trouvé preneurs. Aussitôt mis sur le marché, aussitôt vendus. Depuis octobre, les habitants ont pris possession des lieux. Une fierté pour l'ensemble des équipes, et notamment pour les architectes pour qui ce projet était leur première livraison, et pour le maître d'ouvrage dont il s'agissait également de la première réalisation à Paris.

 

Fiche technique
Maître d'ouvrage : Quanim
Bailleur social : Foncière logement
Architectes : Log
Surface : 1319 m2
Budget : 3,2 millions d'euros
Durée des travaux : 14 mois
Livraison : octobre 2013

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