Architecte d'intérieur : créer avec un oeil d'utilisateurLe salon Maison & Objet, qui fêtait cette année ses 10 ans au Parc des Expositions de Villepinte, est l’occasion de revenir sur le métier d’architecte d’intérieur ; à ne pas confondre avec le métier d’architecte ni celui de décorateur.
«Contrairement à l’architecte, l’architecte d’intérieur considère le bâtiment par l’intérieur. Il résonne à partir de l’humain, de l’utilisateur alors que bien souvent l’architecte résonne au niveau de l’environnement, de l’urbanisme», explique Jean-Claude Laville, directeur de Desseins, studio d’architecture d’intérieur. Pour exercer la profession d’architecte d’intérieur, il faut en détenir le titre : architecte d'intérieur qualifié. C'est l'office professionnel de qualification des architectes d'intérieur qui délivre cette reconnaissance. Le plus souvent, c'est une profession libérale et les architectes d'intérieur sont payés dans ce cas «à la mission». Ils peuvent également envisager d'être salariés d'un cabinet ou d'un bureau d'études. «Nous avons un rôle complémentaire à celui des architectes et des décorateurs, même si parfois il nous est demandé d’être un peu caméléon, c'est-à-dire de travailler sur la totalité d’un projet, de la conception du bâti jusqu’aux derniers détails de décoration», confie Jean-Claude Laville. L’architecte d’intérieur est amené à travailler dans trois domaines spécifiques : - l'espace ( habitat, commerce, musée, hôtellerie...) - le design (mobilier par exemple...) - la communication (exposition, décor, image d'entreprise...) Parmi ses nombreuses activités, l’architecte d’intérieur conçoit un projet et élabore les devis (analyse technique et financière), il estime les moyens nécessaires à l'élaboration du projet (type de travaux, examen des données, visite des lieux, hygiène et sécurité), organise le suivi et coordonne la réalisation. De même, il a une responsabilité technique sur le chantier en étroite collaboration avec les artisans et les entreprises qui interviennent. Ces différentes tâches comportent de nombreuses problématiques techniques qui le différencient du simple décorateur. «On réfléchit et on crée par rapport à des exigences de confort et de praticité rationnelles liées à des contraintes économiques et techniques» explique Jean-Claude Laville. Mais pour exercer ce métier, il faut être avant tout créatif. «Ce métier s’aborde en premier lieu par le dessin et pour cela, il faut disposer d’une sensibilité artistique» insiste-t-il. Il faut également posséder de bonnes capacités d'analyse et de synthèse et faire preuve d'une grande ouverture d'esprit. Enfin, il est important d’apprécier le travail en équipe et d’accepter le dialogue. Différentes formations sont proposées pour devenir architecte d’intérieur : les diplômes du ministère de l'éducation, les diplômes du ministère de la culture, les diplômes des écoles supérieures d'art, les diplômes de l'école nationale supérieure de création industrielle, ou encore les diplômes des écoles d'art privées. En matière d’évolution, l’architecte d’intérieur peut parfois se tourner vers le métier d’architecte : «à force de pousser les mûrs pour créer des volumes, on fini parfois par se les approprier» commente M. Laville. «Par contre, dans une réflexion et une créativité à deux dimensions, certains architectes d’intérieur se tourneront plus vers le graphisme et la publicité», rajoute-t-il. Dans le cadre d’un statut salarié, l’architecte d’intérieur peut compter sur une rémunération annuelle évaluée entre 25.000 et 45.000 euros selon son expérience et son talent. Le studio Desseins, créé en 1994, mène des projets d’architecture intérieure et de design qui contribuent à mettre en valeur l’image spécifique de ses différents clients. Les efforts de création du Studio s’appliquent aussi bien aux domaines de l’hôtellerie, de la restauration ou des complexes de loisirs, qu’à ceux de l’immobilier d’entreprise, du commerce et de l’industrie. |
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(31/01/2005)
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